Avant même la naissance du Canada et la signature de la Confédération, les Écossais de Montréal se sont portés à la défense de leur pays d’accueil. Depuis, les membres du régiment Black Watch ont pris les armes à de nombreuses reprises et sont venus en aide de façon bénévole à leurs concitoyens lors de catastrophes naturelles comme la crise du verglas.

Pendant la guerre civile américaine, au XIXe siècle, les autorités britanniques en Amérique du Nord sont inquiètes de l’essor de la force militaire au sud de leur frontière et autorisent la formation de milices afin d’éviter un éventuel assaut.

Tout de suite, six chefs écossais de Montréal répondent à l’appel et décident en 1862 d’établir une compagnie d’infanterie pour le 5e Bataillon. Ils deviennent ainsi le tout premier régiment écossais du Canada.

D’abord nommés simplement le 5e Bataillon de milice volontaire, ils deviennent au fil des ans les Royal Scots of Canada (Écossais royaux), puis le Black Watch, en 1953.

Ce nom leur vient de la compagnie d’infanterie écossaise levée en 1725 par la couronne dans les Highlands afin de maintenir la paix dans la population. Si les deux formations ne sont pas directement liées, elles se sont côtoyées lors de la guerre des Boers en Afrique du Sud, au tournant du XXe siècle, et se sont rapprochées lors de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale.

BRAVOURE
Le Black Watch a joué un rôle crucial lors de la Deuxième Guerre mondiale. Dès 1939, des soldats sont mobilisés pour servir à Terre-Neuve et à la protection locale. En 1940, le second bataillon embarque pour la Grande-Bretagne.

Trois pelotons du régiment ont participé au débarquement de Dieppe, le 19 août 1942. Durant l’opération, des 111 soldats que compte le Black Watch, 4 sont tués et 69 sont fait prisonnier.

Le deuxième bataillon combat jusqu’à la toute fin du conflit, participant à des combats qui le mènent de la France à la Belgique, puis à l’Allemagne.

Depuis la fin de ce conflit, le Black Watch a participé à différents combats sous l’égide de l’OTAN (Organisation du traité de l’Amérique du Nord) et de l’ONU (Organisation des nations unies), notamment pendant la guerre de Corée.

AU SON DES CORNEMUSES
En plus de leur tartan bleu et vert, le Black Watch est encore un fier porte-étendard du plus grand symbole de la culture écossaise: la cornemuse.

Son régiment de Pipes and Drums (cornemuses et tambours) est le plus ancien groupe de cornemuseurs organisé en Amérique du Nord et est toujours parmi les meilleurs au Canada. Ses membres, très en demande, participent à plus d’une centaine d’événements et de compétitions à chaque année.

Le groupe porte toute la fierté du régiment, littéralement, puisque 21 des plus hautes distinctions reçues par le Black Watch sont brodées sur le ceinturon du tambour-major, le chef d’orchestre qui guide la marche et bat la mesure de sa canne.

Parmi ces récompenses importantes, six membres du Black Watch ont reçu la croix de Victoria, plus haute distinction militaire du Commonwealth, pour leur service lors de la Première Guerre mondiale. Il s’agit du lieutenant-caporal Frederick Fisher, du caporal Herman James Good, des soldats John Bernard Croak et Thomas Dinesen, du lieutenant-colonel William Clark-Kennedy et du lieutenant Milton Fowler-Gregg.