Petite, j’étais fascinée par les soirées du Théâtre Alcan à la télé de Radio-Canada. J’écoutais ces téléthéâtres avec beaucoup d’attention, envoutée devant les grands acteurs de l’époque : Gilles Pelletier, Huguette Oligny, Jean Duceppe, pour ne nommer que ceux-là. Je ne manquais jamais La Ribouldingue, Sol et Gobelet, Le Pirate Maboule. Adolescente, c’est avec la Nouvelle Compagnie théâtrale que s’est développé mon amour du théâtre, j’aimais me faire raconter des histoires et découvrir les époques à travers Molière, Racine ou Marivaux.

Gilles Pelletier et Elisabeth Le Sieur dans le téléthéâtre Un simple soldat / Archives BANQ

Chez les scouts, j’ai pris plaisir à fréquenter la chanson avec Jean-Pierre Ferland, Gilles Vigneault, Pierre Létourneau, Georges Dor. Au cégep, j’ai découvert Robert Charlebois, Diane Dufresne, Raoul Duguay, Les Beatles, Beau Dommage et bien d’autres. Le jour où les arts vivants sont entrés dans ma vie, ils ne m’ont plus quittée. C’est devenu une passion, une façon de voyager, de découvrir et de comprendre le monde dans lequel je vis, d’ouvrir mes horizons, de définir ma personnalité. C’est lors de mes premiers amours professionnels que j’ai eu mon véritable coup de cœur pour la danse, car cette forme artistique me donnait la liberté d’imaginer sans contraintes, laissait place à mes sensations. Très tôt, j’ai réalisé que les arts vivants sont essentiels à mon équilibre.

La vie aura permis que j’en fasse mon métier, un métier que j’aime et qui me passionne : diffuseur de spectacles professionnels à la Salle Pauline-Julien. Nous sommes très peu au Québec à porter ce titre, à avoir le privilège de travailler en partageant notre amour des arts de la scène, à agir comme allumeurs de réverbères. Ce métier qui m’anime est l’occasion de rencontrer des gens avec qui je partage cette passion. Il y d’abord l’équipe de la SPJ tissée serrée telle une famille, et bien sûr, l’équipe des bénévoles, le comité des Complices et les membres du CA, fidèles et généreux. Ils sont tous, à des degrés divers, amoureux fous de théâtre, de chanson, de musique ou de danse. Tous vibrent au même rythme, travaillant avec la même ardeur pour créer des rendez-vous mémorables avec le public.

Et puis, il y a les artistes, ceux d’hier et d’aujourd’hui, ceux par qui tout commence et qui osent partager leur intimité. Ceux pour qui, comme le chantait si bien Barbara, prétendent que « ma plus belle histoire d’amour, c’est vous ».