Plusieurs personnes et quelques évènements ont fait de moi ce que je suis. Un volet important de ma vie a été initié, développé et assumé grâce à quelques femmes qui ont marqué mon imaginaire culturel.

Ma mère est la première femme qui m’a attiré au théâtre. J’avais à peine sept ans. Elle faisait jouait dans une pièce de théâtre plutôt mauvaise à la salle paroissiale des Méchins. Je ne me souviens de rien, ni du décor, ni des costumes, ni de l’histoire, sauf… de l’immense fierté de voir ma mère « perler » sur le plancher craquant de la salle mal éclairée. Ma première connexion avec un lieu culturel. Merci Maman !

Le temps a passé. Puis ce fut ma rencontre avec la plus grande comédienne que le Québec ait porté : Denise Pelletier. Je suis au théâtre Jésus cette fois. Elle joue une reine dans Le Roi se meurt. Elle est la vie. Elle est la mort. Elle est tout ! Le souffle, l’émotion, le cri, le silence. Magnifique et terriblement présente. Un coup de foudre immortel. C’est elle qui m’a donné le goût du théâtre. Un jour, je suis allé visiter le costumier de Radio-Canada et j’ai acheté la cape de velours bleu qu’elle portait dans cette pièce fatidique. Je l’ai conservée des années. Une relique, un porte-bonheur, une inspiration. Merci Mme Pelletier !

Que dire de Françoise Sullivan, qu’on appelait à l’époque Françoise Riopelle. J’étais au BAC et j’ai eu la chance, je dirais le privilège de l’avoir comme prof… J’ignorais tout d’elle, son implication profonde à la culture québécoise, sa participation au Refus global, sa démarche artistique… J’avais 20 ans. Pendant un an, elle m’a amené à ma propre découverte à travers le théâtre. Après nos cours, quelques élus allions chez elle pratiquer l’improvisation dans son immense salon, à travers les œuvres de son ex, Jean-Paul Riopelle. Merci Françoise !

Tant de femmes ont façonné le visage de la culture québécoise. Quelques fois, elles étaient en avant-plan. Mais trop souvent, elles marchaient dans l’ombre. Je remercie les femmes d’hier et d’aujourd’hui portant en elles la flamme éternelle de la créativité. Merci à Thérèse, Janette, Yvette, Francine, Céline, Marie, Nelly et tant d’autres pour le relais, l’héritage culturel. Les femmes de demain ont devant elles un horizon plus vaste et plus invitant. Elles sauront en profiter, j’en suis certain. Merci mes femmes !