De plus en plus de Français adoptent Montréal. Il suffit de se promener en ville, sur le Plateau ou dans Outremont pour entendre résonner divers accents de l’Hexagone. Une foule de raisons les attire ici. Mais, plus particulièrement, qu’est-ce qui peut bien avoir incité un natif de Bordeaux à s’installer à Outremont ? Et comment passe-t-on de marchand de vins de cette mythique région à PDG de Sushi Taxi ? C’est l’histoire que nous raconte le souriant Emmanuel Thieblin, arrivé ici en mai 2015.

« Honnêtement, je vous avoue qu’au départ, je n’avais pas du tout l’intention de venir ici. Mais un matin en allant travailler, ma femme me raconte qu’elle a écouté un topo à la radio sur le Québec et me dit: « Qu’en dirais-tu ? » Pourquoi pas !» relate M. Thieblin. « Puis dès que j’ai mis les pieds ici, ça a été un grand coup de cœur !»

Son épouse est rentrée en France et lui est resté. Pendant plusieurs mois, le Montréalais en devenir a effectué l’aller-retour toutes les deux semaines pour retrouver les siens tout en se familiarisant avec nos façons de faire, le système bancaire, etc. « J’ai participé à des missions des Chambres de commerce pour intégrer le milieu des affaires, développer des contacts. Ensuite, je me suis mis à la recherche d’une entreprise à racheter. À ce moment-là, j’avais décidé de faire venir ma famille. Mais il me fallait trouver l’entreprise qui me conviendrait le mieux. J’en ai analysé une quarantaine, » explique M. Thieblin.

Parmi elles, on lui propose Sushi Taxi. « Jamais les restos ! Je ne m’y connais pas. Et en plus, je déteste ça les sushis !!!» Quelque temps plus tard, l’équipe qui le conseille revient à la charge avec cette fameuse chaine. Il décline à nouveau. Finalement, on lui soumet une troisième fois le dossier. Cette fois, il accepte d’aller manger dans un des restos à Montréal, en se disant que de toute manière quand le produit d’une compagnie est excellent, ça va marcher. Il essaie… « Incroyable !» Il adore.

Le concept de ce resto est axé exclusivement sur la saveur et l’imagination. « J’ai saisi ma chance. Aujourd’hui, nous avons 290 employés dans 11 resto-boutiques et d’autres en développement de franchise. Notre offre est très premium. Nous changeons de menu chaque mois. Et dès septembre, nous proposerons une vraie révolution : le choix de plat en fonction de vos émotions !» L’homme d’affaires d’expérience veut nous amener à suivre nos états d’âme: zen, léger, envie de se gâter ou d’essayer du nouveau ?

Le détenteur d’un MBA va plus loin que d’offrir la livraison des sushis, il apporte une vision complète du citoyen corporatif à l’avant-garde. L’intégration du compostage, la diminution des déchets, la parité salariale, la collaboration avec Enfants Soleil et un programme d’éducation dans les écoles primaires ne sont que quelques exemples de cette philosophie.

Par ailleurs, son coup de foudre pour Montréal ne diminue pas. « Je ressens toujours cet extrême dynamisme. Pour moi, c’est enveloppant, inspirant, envoutant. C’est une vraie ville cosmopolite et ça transpire. Montréal n’est pas égoïste, quand on sait l’écouter. C’est New York en plus soft mais avec autant de richesse. »

Avec son savoir-faire, son expérience et son engagement personnel, ce Montréalais d’adoption participe formidablement à notre enrichissement collectif.